Beaucoup de marques considèrent l’arrivée de la première expédition d’huile d’argan comme une ligne d’arrivée. C’est en réalité le début du vrai test : le produit se vendra-t-il au rythme prévu, et la quantité suffira-t-elle jusqu’au prochain lot ? Vos décisions des premières semaines déterminent si vous serez en rupture ou si vous immobiliserez trop de trésorerie.
Voici un plan en trois phases pour les 90 premiers jours, qui débouche sur une décision de réassort argumentée.
Pourquoi un plan pour cette période ?
Au départ, vous manquez de données de vente et risquez deux erreurs : commander trop tôt par enthousiasme, ou trop tard après la rupture. Comme le délai d’approvisionnement inclut production, transport et dédouanement, attendre les rayons vides signifie des semaines d’absence et une perte d’élan auprès des premiers clients.
Phase 1 (semaine 1) : réception et traçabilité
- Contrôlez l’envoi avec la liste de contrôle à la réception de l’huile en vrac et photographiez tout dommage.
- Notez numéros de lot, dates de péremption et quantités réelles.
- Conservez des échantillons de chaque lot.
- Stockez à l’abri de la lumière et de la chaleur, en sortant les lots les plus anciens d’abord.
- Tenez un tableau simple des entrées et sorties.
Phase 2 (semaines 2 à 6) : lancement maîtrisé
Ne mettez pas tout le stock sur le marché d’un coup. Répartissez-le d’abord sur quelques canaux, comme votre boutique en ligne et un ou deux distributeurs. L’objectif n’est pas le maximum de ventes mais une mesure fiable du rythme et des retours clients.
- Fixez une quantité initiale par canal et gardez une réserve.
- Demandez un rapport hebdomadaire de ventes et de stock.
- Centralisez les retours : odeur, texture, flacon, prix.
- Enregistrez chaque réclamation avec son numéro de lot.
Avec des distributeurs, la rotation FEFO évite les dates dépassées.
Phase 3 (semaines 7 à 13) : lire les chiffres
| Indicateur | Calcul | Ce qu’il révèle |
|---|---|---|
| Ventes hebdomadaires | Unités vendues ÷ semaines | Rythme réel de la demande |
| Jours de couverture | Stock actuel ÷ ventes quotidiennes moyennes | Autonomie du stock |
| Taux de réclamations et retours | Cas ÷ unités vendues | Qualité de l’expérience |
| Rachat | Clients ayant acheté deux fois ÷ total | Fidélité ou simple curiosité |
La semaine de lancement dépasse souvent le rythme normal à cause des promotions : ne bâtissez pas vos prévisions sur elle seule.
Calculer le point de commande
Point de commande = (ventes quotidiennes moyennes × délai complet en jours) + stock de sécurité
Le délai complet court de l’envoi du bon de commande jusqu’aux unités prêtes à vendre : production, conditionnement, transport, dédouanement, contrôle. Demandez à l’usine le délai réel, pas le plus court entendu. Le stock de sécurité couvre les variations de vente et les retards ; il augmente avec l’irrégularité de la demande.
Exemple purement illustratif : 10 unités par jour, 60 jours de délai et 10 jours de sécurité donnent 10 × 70 = 700 unités. Vos chiffres seront différents, la logique reste la même.
Décider : quantité et moment
- Moment : commandez au point de commande, pas à la veille de la rupture.
- Quantité : couvrez une période de vente définie, en tenant compte du minimum de commande et de votre trésorerie.
- Corrections : si les plaintes visent le flacon ou l’étiquette, corrigez avant le lot suivant.
- Accord : si la demande se confirme, étudiez un contrat d’approvisionnement annuel.
Erreurs fréquentes
- Prendre la semaine de lancement pour le rythme durable.
- Oublier dédouanement et contrôle dans le délai.
- Ignorer de petites plaintes similaires.
- Commander en grand avant de connaître le taux de rachat.
- Laisser les canaux sans reporting.
Questions fréquentes
Quand passer la deuxième commande ?
Quand le stock atteint le point de commande calculé, parfois avant la fin des 90 jours.
Et si les ventes sont plus lentes que prévu ?
Ne doublez pas la commande. Revoyez prix, canaux et message, et demandez à l’usine des quantités plus petites.
Quel stock de sécurité ?
Il n’y a pas de valeur fixe : elle dépend de la variabilité des ventes et de la fiabilité du transport.
Faut-il un second fournisseur dès le départ ?
Pas forcément, mais à mesure que la demande croît, un fournisseur de secours peut se justifier.
En résumé
Les 90 premiers jours transforment l’intuition en chiffres. Pour planifier une première ou deuxième commande avec un fabricant transparent sur les délais, demandez un devis à Assil Ouargane.